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Institut de Recherche sur les Lois Fondamentales de l'Univers

R3B 
Reaction studies with Relativistic Radioactive Beams

Complexe d'accélérateurs et de salles d'expériences FAIR
 

Objectifs:

Etude de la structure nucléaire et des mécanismes des réactions nucléaires par reconstruction cinématique complète, avec des faisceaux exotiques et des faisceaux stables.
L'expérience R3B se place dans le cadre du projet FAIR de GSI (Facility for Antiproton and Ion Research, http://www.gsi.de/fair). Le projet FAIR rassemble plusieurs thématiques de physique autour d’une même installation :  la physique des noyaux exotiques, la physique hadronique avec les collisions proton – antiproton, l’étude des réactions d’ions lourds relativistes (quelques dizaines de GeV par nucléon), la physique des plasmas et la physique atomique. 
La collaboration internationale R3B (Reaction studies with Relativistic Radioactive Beams, http://www-land.gsi.de/r3b) met en place un programme consacré à la physique des ions radioactifs avec des faisceaux dont l'énergie sera comprise entre 150 MeV par nucléon et 1,5 GeV par nucléon. La production des faisceaux radioactifs se fait par la méthode de la fragmentation en vol : un faisceau primaire stable est envoyé sur une cible de production et on sélectionne en masse et en charge à l'aide d'un spectromètre magnétique les fragments issus de ces réactions pour former un faisceau secondaire parfaitement identifié d'isotopes radioactifs.
Parmi les installations de physique nucléaire européennes ou dans le monde capables de produire des faisceaux exotiques, le laboratoire du GSI (Gesellschaft für SchwerIonenforschung) à Darmstadt en Allemagne est actuellement le seul accélérateur où peuvent être réalisées des expériences utilisant des faisceaux stables ou radioactifs ayant une énergie cinétique de l'ordre de 1 GeV par nucléon. L'utilisation de faisceaux de relativement haute énergie dans la physique des ions lourds permet en particulier de s'affranchir d'une bonne partie des effets des mécanismes de réaction et d'obtenir ainsi des informations plus précises sur la structure nucléaire à partir des observables expérimentales.  FAIR / R3B profitera donc de la longue expérience de GSI dans ce genre de physique.

Au cours des dix dernières années, les réactions sur cible fixe des faisceaux secondaires de haute énergie ont développé leur potentiel d'outils exploratoires des propriétés des noyaux atomiques loin de la stabilité. Elles ont permis, par exemple par l'extraction de données spectroscopiques détaillées et faiblement influencées par les mécanismes de réaction, d'avancer dans la compréhension de l'interaction nucléaire et de la structure des noyaux. Le niveau d’énergie exigé par ces faisceaux relativistes (1 GeV par nucléon) ainsi que la grande intensité qu'il sera possible d'atteindre auprès de la future installation FAIR/R3B nécessitent la construction d’outils expérimentaux aux performances accrues : un aimant principal à plus fort champ magnétique, des détecteurs plus rapides et permettant d'atteindre de meilleures résolutions dans la reconstruction de la cinématique des réactions.

Le groupe spallation du service de physique nucléaire (SPhN) suit deux objectifs au sein de la collaboration R3B : l'étude en cinématique inverse et en coïncidence de la spallation des noyaux lourds (208Pb & 238U) et l'étude de la fission des actinides mineurs par excitation coulombienne dans une cible d'éléments lourds. L'installation R3B sera la seule dans le monde où ces expériences seront possibles.

 

 

 Contexte:

Expériences concurrentes:

- RIKEN (Japon) : faisceaux stables et exotiques. L'installation de production des faisceaux radioactifs RIKEN est déjà en fonctionnement, dans une phase de mise en route et d'étalonnage des équipements expérimentaux. L'énergie maximale accessible à RIKEN sera de l'ordre de 350 MeV par nucléon, plus faible donc qu'à R3B.

- RIA (Radioactive Ion Accelerator, États-Unis), projet actuellement en discussion et en phase de conception, dont l'énergie maximale sera de l'ordre de 500 MeV par nucléon.

 Les projets FAIR et R3B se situent donc dans un contexte scientifique international très concurrentiel. Les projets d'accélérateurs d'ions lourds radioactifs en cours de construction ou prévus en Europe sont : SPIRAL 2 au GANIL et FAIR. D'autres sont déjà en fonctionnement, essentiellement à des intensités de faisceaux nettement moindres.

Il est plus correct de parler de complémentarité entre SPIRAL 2 et FAIR que de concurrence. En effet, les mécanismes de production des faisceaux radioactifs sont très différents entre les deux installations ce qui fait que les faisceaux disponibles seront aussi différents, SPIRAL 2 devant se spécialiser sur les faisceaux produits avec les fragments de fission de l'uranium-238. De même, les énergies des faisceaux de SPIRAL 2 seront de l'ordre de quelques MeV par nucléon, à comparer aux centaines de MeV des faisceaux qui seront utilisés à R3B.

 

Localisation:

Laboratoire GSI,  à Darmstadt en Allemagne, sur l'installation FAIR. R3B rassemblera toutes les expériences qui nécessiteront l'utilisation de faisceaux exotiques ou stables de plusieurs centaines de MeV par nucléon. Elle se situera en aval de la ligne "Super-FRS" (Superconducting FRagment Separator) qui assurera la production, la sélection magnétique et l'identification des faisceaux secondaires produits dans la cible primaire de béryllium. Les premières expériences sont prévues pour 2011 - 2012.

 

Contribution du Dapnia (scientifique et technique)

-Les contributions:

 

 Au sein de l'ensemble de détection, le DAPNIA participe à :
- la construction du spectromètre de grande ouverture GLAD (GSI Large Acceptance Dipole), de sa conception à sa réalisation (voir fiche-projet R3B-GLAD)
- l'étude d'un nouveau détecteur multi-trace de type chambre à projection temporelle, TPC (voir fiche-projet R3B-TPC).

 

Ampleur de l'expérience

 La collaboration R3B rassemble environ 150 physiciens provenant d'une cinquantaine d'organismes de recherche et d'universités dans le monde (Europe, Inde, Chine, Amérique). 

- Contacts:

 
Responsable Scientifique: Jean-Eric DUCRET
Chef de projet R3B-GLAD: Bernard Gastineau
Chargé d'évaluation du projet R3B-TPC: Philippe Legou

 

 Thémes et programmes: 

La matière nucléaire dans ses états extrêmes/Noyaux exotiques

Physique pour l'énergie nucléaire/Données nucléaires et modélisation

Site de R3B

 

Dispositif expérimental R3B


Carte de champ magnétique et indication des différentes trajectoires. En amont et en aval de la zone colorée, le champ magnétique est inférieur à 20 mT.

maj : 16-03-2010 (318)

Collaborations 

Collaboration  internationale R3B : 14 instituts, 9 pays – Coordonnateur : GSI

1 Gesellschaft für Schwerionenforschung, Darmstadt, Germany GSI
2 CEA Saclay, Gif sur Yvette, France CEA-Saclay
3 Technische Universität München, Garching, Germany TUM
4 University of Santiago de Compostela, Spain SdC
5 Jagellonski University, Krakow, Poland Krakow
6 University of Surrey, Guildford, United Kingdom Surrey
7 Chalmers Technical University, Göteborg, Sweden Chalmers
8 Aarhus University, Aarhus, Denmark Aarhus
9 Instituto de Estructura de la Materia, CSIC, Madrid, Spain Madrid
10 IN2P3/IPN Orsay, France Orsay
11 Justus-Liebig-Universität Giessen, Germany JLU


12 Forschungszentrum Rossendorf e.V., Dresden, Germany FZR
13 IRMM Geel, Belgium Geel
14 Sofia University, St. Kliment Ohridski, Sofia, Bulgaria Sofia

Collaboration R3B :
Porte-parole: Thomas Aumann
Co-porte-parole: Bjorn Jonson

 

maj : 04-05-2007 (1457)

Science 

En construction

Rubrique à compléter par les scientifiques

 

maj : 09-05-2007 (1464)

liens et documents 

 

Liens officiels (à compléter):

 http://www-land.gsi.de/r3b/

 

 

  Documents:

CstsJEDucret061009.ppt

 R3B.ps

 

maj : 09-05-2007 (1461)

R3B-GLAD 
GSI Large Acceptance Dipole

FicheR3BGLAD.doc

Thèmes/Programmes:

Aimants et accélérateurs/Les aimants supraconducteurs

 

Ensemble de la masse froide

Généralités

Au sein de l’ensemble de détection de l'expérience R3B, le spectromètre supraconducteur de grande ouverture GLAD (GSI Large Acceptance Dipole) jouera un rôle central. Il est conçu et sera réalisé par le CEA au Dapnia avec des partenaires industriels. Cet aimant sera utilisé par toutes les expériences de la collaboration R3B, que celles-ci aient pour objectif l’étude de la structure des noyaux exotiques ou l’étude des mécanismes des réactions nucléaires (en particulier de la spallation).

Financée par le 5ème programme cadre de recherche et développement (5ème PCRD), l’étude préliminaire de conception du spectromètre supraconducteur de grande acceptance a été réalisée entre 2001 et 2002. Afin de répondre à d’ambitieuses spécifications expérimentales, une grande acceptance et une intégrale de champ élevée sont associées à un très faible champ de fuite (inférieur à 20 mT à 0,30 m de la face d’entrée du dipôle), spécialement autour de la cible où seront placés des détecteurs. Une séparation efficace des trajectoires des fragments lourds et des protons, facilitant l’analyse en impulsion des particules, est également assurée.
  

Objectifs:

GLAD est conçu pour prendre en compte quatre objectifs principaux :


1) une intégrale de champ de 4,8 T.m
2) une grande ouverture angulaire, horizontale comme verticale, pour les particules et fragments de noyaux chargés et pour les neutrons non déviés par le champ magnétique.
3) une grande acceptance en impulsion permettant de détecter simultanément les protons et les noyaux lourds, résidus du faisceau après réaction dans la cible en amont de GLAD,
4) assurer un faible champ de fuite au point cible afin de pouvoir placer autour de celui-ci des détecteurs sensibles à la présence de champ magnétique (des photomultiplicateurs, par exemple).

Ces objectifs font de ce spectromètre un outil bien adapté à l'étude de la spallation en cinématique inverse et en coïncidence ainsi qu'à l'étude de la fission coulombienne des actinides mineurs. C'est pourquoi le groupe spallation du SPhN s'est investi dans sa conception.


Les caractéristiques de GLAD rendront possible la réalisation d’expériences au cours desquelles l'essentiel des particules qui ont une faible énergie cinétique dans le repère du centre de masse du projectile seront détectées, particules qui proviennent essentiellement de la désexcitation du projectile au cours de la réaction. Ceci permettra la reconstruction des états excités des projectiles à la cible, information très importante pour tester les modèles des réactions nucléaires et ainsi accéder à l'information sur la structure du projectile dans les expériences de structure.

 Localisation:

 L'aimant GLAD sera installé dans la salle R3B du futur complexe d'accélérateurs FAIR qui sera construit au GSI, à Darmstadt (Allemagne).

L’intégration des bobines supraconductrices dans la masse froide, l’instrumentation et l’intégration du dipôle total dans son cryostat seront effectués avec l'aide de l'industrie et au CEA Saclay (2010). Des tests seront réalisés à Saclay aussi bien qu'au GSI à Darmstadt (Allemagne).
Après les tests de réception, le spectromètre R3B GLAD sera expédié en Allemagne pour son installation au GSI (2011 - 2012).

Contexte:

Le financement de la construction de l'aimant R3B-GLAD est assurée conjointement par l'Union Européenne, dans le cadre du 6ème PCRD, le GSI et le DAPNIA. La réalisation de l'aimant a été confiée entièrement au DAPNIA.

Contribution du Dapnia

40 personnes impliquées sur la durée du projet, pour un total de 34 hommes-an.

Importance de l'investissement du Dapnia:

Le DAPNIA est le seul organisme de recherche à travailler sur cet aimant.

L'investissement pour le DAPNIA dans le projet d'aimant R3B-GLAD est de 500 k.

 

Contribution du Dapnia

-Les contributions

Sur le cahier des charges défini par la collaboration R3B coordonnée par le GSI, le Dapnia est responsable de la conception, de la réalisation et des tests à Saclay ; l’aimant Glad sera ensuite transporté et installé à GSI.
Le GSI, un accélérateur d'ions lourds situé à Darmstadt (Allemagne), devra fournir l’installation cryogénique nécessaire à la production et distribution d’hélium et d'azote liquides, ainsi que plus généralement toute l’infrastructure locale.
La présence de personnel GSI est prévue dès la phase d’intégration 2, et pendant les essais à Saclay.

Services impliqués:

Le SACM


Le SACM est le service pilote pour l’ensemble du projet : de la conception générale (en particulier le design magnétique original, le câble supraconducteur et la protection, ainsi que la cryogénie reposant sur un thermosiphon hélium) à la réalisation, puis les tests de réception.

Le SPhN


Le SPhN, responsable scientifique, assure le lien avec l’ensemble des expériences de la collaboration R3B et aide l'équipe projet à traduire en paramètres techniques les paramètres définis par la physique visée.

Le SIS

 
Le SIS prend en charge la conception mécanique, notamment celle de la masse froide qui doit assurer la tenue mécanique de l'ensemble et contrarier les énormes efforts magnétiques exercés sur les bobines, l'électrotechnique de puissance et le contrôle-commande ainsi qu'une partie du suivi industriel de réalisation.

Responsabilités

Responsabilités scientifiques et techniques

Le cahier des charges des paramètres expérimentaux de l'aimant (courbure des trajectoires, champ de fuite) a été défini par la collaboration R3B en coordination avec le GSI. Le DAPNIA est responsable de la conception, de la réalisation et des tests à Saclay. L'aimant GLAD sera ensuite transporté et installé au GSI. Le laboratoire d'accueil devra fournir les fluides cryogéniques (hélium et azote liquides) et l'installation de puissance devant alimenter l'aimant au court de son fonctionnement ainsi que toute l'infrastructure locale.

La présence de personnel de GSI / FAIR est prévue dès la phase d'intégration dans le cryostat puis pour les essais à Saclay. 

Projet R3B-GLAD :
Responsable scientifique: Jean-Eric Ducret
Chef de projet: Bernard Gastineau

 

 Ampleur du projet

La collaboration internationale R3B rassemble environ 150 physiciens provenant d'une cinquantaine d'institutions, essentiellement européenne mais aussi indiennes, chinoises et américaines.

Le projet R3B-GLAD vise à construire en moins de cinq ans un aimant d'environ 50 tonnes, 7 m de large, 3,5 m de long et 4 m de haut. L'énergie stockée dans les 4,5 tonnes de câble supraconducteur de nobium-titane (NbTi) sera de 24 MJ. Il sera utilisé dans toutes les expériences de la collaboration R3B.

 

 Contacts

Jean-Eric DUCRET

 

 

 

 

 

Carte de champ magnétique et indication des différentes trajectoires. En amont et en aval de la zone colorée, le champ magnétique est inférieur à 20 mT.

INSTRUMENTATIONS

Instruments:

Conçu sur le principe innovant du blindage actif, l'aimant R3B-GLAD est constitué de quatre bobines supraconductrices (design "Tigra Trace": Tilted and graded trapezoidal racetrack coils). Les deux bobines principales en forme d’hippodrome trapézoïdal évasé sont inclinées verticalement. Les bobines latérales contribuent à la fois au champ principal et au blindage magnétique, tournées horizontalement, ce qui permet de minimiser le volume et l’énergie stockée. L'ouverture angulaire requise pour les faisceaux spécifiés est ainsi assurée, tout en maintenant le champ de fuite à un faible niveau.

Description technique:

Le système de protection de l’aimant se compose d’une détection active des transitions résistives suivie d’une décharge de l’aimant dans une résistance externe. Les bobines sont précontraintes dans une boîte en alliage d’aluminium afin de contenir les efforts magnétiques qui atteignent des valeurs relativement élevées (entre 300 et 400 tonnes par mètre).

Le refroidissement cryogénique indirect est assuré par conduction à travers le bobinage avec un écoulement d’hélium diphasique en thermosiphon.

L’ensemble du cryostat, du séparateur de phases et des écrans thermiques prendra place dans une enceinte à vide en forme de cône elliptique ( ~ 7 m X 4 m, en sortie).

Spécificités:

Durée ~ 5 ans ;
Dimensions l 7,00 m x L 3,50 m x H 4 m ;
Poids total ~ 50 tonnes ; Masse froide ~ 20 tonnes ;

Energie stockée ~ 24 Mégajoules ; Intégrale de champ ~ 4,8 Tesla-mètres ;
Câble supraconducteur NbTi ~ 16 km et 4,5 tonnes ; J ~ 80 A/mm2 ; Courant ~ 3700 A ;
Forces magnétiques ~ 300 à 400 tonnes/mètre ; 
 

 
En juillet 2001, le rapport technique de conception a été validé par un comité international d’experts. En 2003, le dossier européen R3B-GLAD « Construction de nouvelle infrastructure » a été préparé en vue du 6ème PCRD, et des études d’optimisation de la configuration finale se sont poursuivies. Le dossier de financement européen a été accepté fin 2005 et le projet a pu démarrer au début de 2006.

Un comité d'experts internationaux a examiné le concept d'aimant en juillet 2006 et a émis des recommandations prises en compte par l'équipe projet.

Le SACM pilote ce projet d’aimant avec la contribution du SIS, et participe, sous la responsabilité scientifique du SPhN, à la collaboration R3B qui regroupe 50 instituts de recherche en Europe et dans le monde.

Le nombre de spires des bobines principales est graduel afin d’obtenir un plateau de champ magnétique à 2,7 T dans la zone utile et maintenir le champ sur le câble supraconducteur à une valeur inférieure à 6,5 T. Les bobines latérales sont également « graduelles » et optimisées en vue d’annuler le champ de fuite à l’extérieur du dipôle et garantir un champ magnétique faible dans la zone cible (< 20 mT). La position, la section et la forme trapézoïdale de toutes les bobines assurent un champ essentiellement dipôlaire.

Avec une densité de courant apparente moyenne inférieure à 80 A/mm2, cette conception donne un aimant compact dont l’énergie stockée est minimale (24 MJ).

La technologie du blindage actif permet la réalisation d'un aimant entièrement supraconducteur, ce qui présente l’attrait de la linéarité entre le courant d’alimentation des bobines et la carte de champ magnétique, combinant les avantages d’un aimant supraconducteur sans fer et d’un faible champ de fuite.

 

 

Profil de la composante verticale du champ magnétique de l'aimant GLAD

maj : 16-03-2010 (415)

R3B-TPC 

Objectifs :

 
Pour les expériences qui se feront dans la salle R3B de l’installation FAIR et qui nécessiteront la détection des états finaux des réactions nucléaires comprenant à la fois des fragments de noyaux & plusieurs particules chargées en aval de l’analyse magnétique fournie par l’aimant GLAD (voir la fiche-projet R3B-GLAD), la construction d’un nouveau détecteur multi-trace est nécessaire.
 
Le groupe spallation du service de physique nucléaire (SPhN) est impliqué dans deux projets d’expériences avec R3B qui nécessiteront la détection de tels états finaux :
-         l’étude de la spallation des noyaux lourds, comme le plomb-208 (208Pb) et l’uranium-238 (238U) en coïncidence et en cinématique inverse,
-         l’étude en coïncidence de la fission des actinides mineurs par excitation coulombienne dans le champ électrostatique d’une cible lourde.
 
L’objectif d’un tel détecteur multi-trace est triple :
-         détecter efficacement toutes les particules et les fragments chargés, des protons aux uraniums, c’est-à-dire sur une dynamique des signaux d’ionisation d’environ 1 : 104,
-         identifier la charge de chaque particule de façon non-ambiguë (à 1 GeV par nucléon d’énergie cinétique, un fragment nucléaire ne compte plus d’électrons dans son cortège atomique si bien que sa charge apparente, c’est-à-dire celle que mesure un détecteur, est égale à son numéro atomique, la charge du noyau),
-         déterminer précisément la géométrie des traces de ces particules et fragments dans les trois dimensions (deux angles et trois coordonnées) pour permettre la reconstruction de leurs masses et de la cinématique de la réaction dans la cible après inversion numérique du transport magnétique de l’aimant GLAD.
 
Ce triple objectif doit être atteint pour permettre la reconstruction complète, événement par événement, de la cinématique des réactions nucléaires. Une telle reconstruction est le point commun de presque toutes les expériences de la collaboration R3B quand bien même les domaines de physique nucléaire explorés peuvent être relativement différents. Cette reconstruction doit permettre de déterminer les caractéristiques du noyau excité, état intermédiaire entre l’état initial constitué du noyau cible et du projectile et l’état final, après désexcitation complète du système.
 
La construction d’un nouveau détecteur est rendue nécessaire par les caractéristiques du futur aimant GLAD. En effet, celles-ci (ouverture angulaire, pouvoir de courbure & dimensions physiques de l’objet) rendent les enveloppes des trajectoires des particules émises au point cible beaucoup plus grandes (en dimensions transverses) avec des angles plus grands par rapport à l’axe de symétrie de l’aimant GLAD que dans l’installation existante autour de l’aimant ALADIN (GSI, Cave C). Ainsi, le détecteur actuellement utilisé par le groupe spallation du SPhN, la chambre à projection temporelle MUSIC 4 (Link to KP3 web site), n’est pas adapté aux futures expériences dans la salle R3B.
 

Le concept de chambre à projection temporelle (time projection chamber, TPC en anglais) a été choisi, de manière identique à MUSIC 4, car c’est un type de détecteur dont la construction est relativement économique et dont les performances répondront relativement aisément aux spécificités requises par la physique à R3B. De plus, la souplesse d’utilisation d’une TPC permettra de répondre aux différents types d’expériences à R3B (aussi bien à haute qu’à basse multiplicité de particules dans l’état final).

 

Thèmes et programmes:


Innovation pour les systèmes de détection/Développements de détecteurs

 
Ampleur du projet :
 
-         Investissement : environ 600 k€ sur la durée du projet (4 – 5 ans)
-         Personnel : environ 15 h.an sur la durée du projet
 

CONTACTS

Responsable Scientifique: Jean-Eric DUCRET
Chargé d'évaluation TPC: Philippe Legou
 

Schéma de principe de la TPC & vue de sa partie active

INSTRUMENTATIONS

chambre à projection temporelle (TPC)

 

 

 

 

 

 Description technique

 

o       Volume actif : H = 90 cm, L = 120 cm, l = 120 cm (entrée) & 250 cm (sortie)
o       Dérive verticale, divisée en deux par une cathode mince qui générera le champ électrostatique de dérive des électrons primaires pour obtenir une meilleure résolution sur les coordonnées horizontales (le plan horizontal est le plan dispersif de l’aimant GLAD)
o       Amplification gazeuse par Micromegas (micro-grilles placées à une distance micrométrique de la collection de charge)
o       Collection de charge assurée par des pads de 1 cm de largeur et environ 13 cm de longueur sur 9 rangées dans le sens longitudinal
o       Nombre de pads : environ 5 000
o       Dynamique du signal primaire : 1 : 104 (dans le domaine d’énergie où la TPC sera utilisée, l’ionisation du gaz par les ions chargés se fait à vitesse constante des ions ; ainsi, le signal d’ionisation dépend essentiellement du carré de la charge de l’ion incident selon la formule de Bethe-Bloch
o       Cette grande dynamique sera prise en charge par deux types d’amplification ; ainsi, 5 rangées de pads auront une grande amplification gazeuse (pour la détection des fragments légers) et 4 auront une faible amplification (pour les fragments lourds) ; ceci limitera les contraintes sur l’électronique de codage
-         Une étude spécifique est en cours pour :
o       Déterminer l’influence de la transparence des micro-grilles
o       Produire un concept de dispositif réduisant le retour des ions positifs dans le volume actif du détecteur, ions dont la mobilité est très faible, qui s’accumulent dans le volume actif et qui réduisent les performances de ce type de détecteur, notamment en termes de résolution
-         L’électronique d’amplification choisie est une électronique discrète. Ce choix permet de découpler la fonction d’amplification de la fonction de codage. Il est rendu possible par le nombre relativement peu élevé de voies de lecture électronique et permettra une évolution technologique du détecteur, dictée par des nouvelles opportunités d’expériences. À l’aide d’une électronique discrète, nous pourrons aisément prendre en charge la grande dynamique des signaux primaires en assurant :
o       Des signaux rapides après amplification ce qui limitera les effets d’empilement des signaux et permettra de travailler à plus grande intensité de faisceau (le faisceau traverse le détecteur dans ce genre d’expériences)
o       Des faibles seuils de détection
-         Taux de comptage pour l’acquisition : 103 événements par seconde, maximum
-         Système de contrôle-commande du détecteur et de la pureté du gaz dont dépendent de manière critique son homogénéité, son efficacité et sa précision.

 

 

 

 

 

 

maj : 16-03-2010 (2018)