|
Faisceaux
SPIRAL2 produira des faisceaux stables très intenses, des faisceaux radioactifs de tous types et un flux élevé de neutrons.
De nouveaux faisceaux intenses de noyaux radioactifs seront produits dans les régions de la table des noyaux situées au-delà de la chaîne isotopique du Krypton.
La post-accélération des faisceaux radioactifs sera assurée par le cyclotron CIME existant, qui est bien adapté pour la séparation et l’accélération des ions dans la gamme d’énergie entre 3 et 10 MeV/nucléon pour des masses A~100-150. Les faisceaux SPIRAL2, à la fois avant et après l’accélération, pourront être envoyés dans les aires expérimentales actuelles du GANIL.
Voir l'onglet "Moyens expérimentaux" pour les régions de la table des noyaux accessibles avec :
- les gammes de faisceaux de l’installation actuelle GANIL/SPIRAL
- les fragments de fission de SPIRAL2
- la combinaison des faisceaux du LINAG et des faisceaux radioactifs de SPIRAL2.
Les noyaux radioactifs éloignés de la vallée de stabilité sont seulement produits en laboratoire ou dans les milieux stellaires. Ils sont dits exotiques car ils présentent des propriétés inhabituelles de structure qui mettent en défaut les modèles nucléaires usuels, élaborés à partir des études de noyaux stables. Ainsi, le modèle en couches, avec sa séquence de nombres magiques bien établie pour les noyaux sphériques proches de la stabilité, est remis en cause pour les noyaux exotiques, avec la disparition de la sphéricité des noyaux supposés magiques et l'apparition de nouvelles couches magiques.
Les propriétés des noyaux exotiques sont explorées auprès des accélérateurs de faisceaux radioactifs. L'objectif des études est de vérifier la validité des modèles existants et d’améliorer le pouvoir descriptif et prédictif des théories nucléaires dans les conditions les plus extrêmes possibles, aux limites de cohésion (par rapport à l'interaction forte) de l'édifice nucléaire. On doit donc produire et étudier des noyaux d' isospin (différence entre le nombre de neutrons et le nombre de protons) élevé par rapport aux isotopes stables, des noyaux possédant un très grand nombre de nucléons (noyaux super-lourds), ou encore des noyaux très déformés.
L'objectif scientifique de l’installation SPIRAL2 est de fournir un nouveau champ d’études expérimentales en physique nucléaire en complétant la gamme des faisceaux du GANIL et de SPIRAL1 par la production et l’accélération d’ions radioactifs plus lourds (jusqu'à l’Uranium) et riches en neutrons. L’exploitation des faisceaux de SPIRAL2 permettra d’étendre les connaissances sur les phénomènes nucléaires dans le domaine des noyaux radioactifs « exotiques ».
En outre, en raison du flux élevé de neutrons créés, SPIRAL2 peut être utilisé comme outil d’irradiation de matériaux, comme ceux envisagés pour les futures machines de fusion (ITER, DEMO, ...).
Les recherches interdisciplinaires en radiobiologie, et en physique atomique, physique de l'état solide menées notamment par les laboratoires existants (CYCERON et CIRIL) bénéficieront des flux très élevés de faisceaux d'ions lourds stables et radioactifs.
Localisation
La machine SPIRAL2 va s'installer dans le périmètre du GANIL situé à Caen en Normandie, et compléter ainsi les dispositifs existants de production de faisceaux d’ions lourds, stables et radioactifs. Ces dispositifs, avec les systèmes de détection implantés au GANIL, sont des outils de recherche fondamentale sur le noyau.
Mise en service
La mise en service de l’accélérateur SPIRAL2 au GANIL est prévue pour la fin 2011, les premières expériences en ions stables auront lieu en 2012 et la production d’ions radioactifs débutera en 2013.
Contexte
Dans le monde, quelques accélérateurs produisent une large gamme de faisceaux radioactifs avec des intensités permettant des études variées de structure et de réactions nucléaires : en Europe, ce sont les installations du GANIL (faisceaux de l’ordre de quelques 10-100 MeV/nucléon) et de GSI (quelques 100 MeV/nucléon), au Japon, RIKEN (10-150 MeV/nucléon), aux Etats-Unis, MSU, et pour des gammes d’énergie et de faisceaux limitées, ISAAC et Oak Ridge.
La France occupe une place de premier plan au niveau mondial dans le domaine de la physique du noyau avec l’utilisation des faisceaux de noyaux radioactifs exotiques produits au GANIL, GIE fondé et géré conjointement par le CEA et le CNRS. Afin de rester en pointe dans le domaine, l’installation de première génération SPIRAL particulièrement adaptée à la production et à l’accélération de noyaux légers et moyennement lourds à des énergies de 2 à 25 MeV/nucléon a été mise au point au cours des dernières années.
D’autre part, une réflexion sur ce domaine d’étude a été conduite au niveau européen (avec les grands laboratoires d’Allemagne, de Belgique, de Finlande, de France, de Grande-Bretagne, d’Italie, de Suède et le CERN). Ainsi le comité NuPECC (Nuclear Physics European Collaboration Committee), dans son rapport d’avril 2000, recommandait l’étude et le développement d’installations de seconde génération, pour la production de faisceaux d’isotopes radioactifs rares. Il préconisait la mise en service de ces installations à partir de 2010-2012.
Un programme de Recherche & Développement a été entrepris au niveau européen et financé par l’Union Européenne (5ème et 6ème PCRD). Il s’agit du programme EURopean Isotope Separation On-Line (EURISOL). Dans cette optique et en se fondant sur le rapport d’étude «LINAG Phase 1», le projet SPIRAL2 s’est révélé être l’étape intermédiaire indispensable entre SPIRAL (mis en service en septembre 2001) et EURISOL. Il devrait placer le GANIL et la France dans une position de force indéniable quant au choix futur du site d’implantation d’EURISOL.
Cette conjonction de faits a conduit les deux organismes, la Direction des Sciences de la Matière (DSM) du CEA et l’Institut National de Physique Nucléaire et des Particules (IN2P3) du CNRS à lancer une étude d’avant-projet détaillé (APD) de SPIRAL2 le 1er Novembre 2002, pour une durée de deux ans. La Région Basse-Normandie a placé la recherche comme l’une de ses grandes priorités et a apporté son soutien aux projets de développement du GANIL dans une perspective européenne. Cette région a accepté d’assurer le cofinancement de la phase APD avec le CEA et le CNRS.
Cette phase s'étant achevée en 2005, la DSM, l'IN2P3 et la région Basse-Normandie, avec l'assentiment du ministère (23 mai 2005) ont décidé de lancer la réalisation du projet SPIRAL2. Ainsi l'Etat, la région Basse-Normandie, les communautés alentours ont signé une convention le 04 Septembre 2006 avec le CEA et le CNRS.
Concurrence internationale lors du démarrage de la machine en 2012 - Spécificités
Au niveau mondial, les productions concurrentes des ions radioactifs se trouveront à RIKEN avec le dispositif RIBF, aux Etats-Unis avec le projet RIA, et avec les futurs faisceaux d’Oak Ridge ; et avec GSI/FAIR (2013). Mais avec SPIRAL2, on disposera d'une gamme très variée de faisceaux radioactifs, avec une combinaison d’intensités et d’énergies (<10 MeV/nucléon) uniques au monde ; les réactions de ces faisceaux permettront de produire et d’étudier de nouveaux noyaux exotiques.
A plus long terme le projet européen EURISOL complètera la gamme de faisceaux accessibles avec SPIRAL2 ; des énergies plus élevées (50 MeV/nucléon) devraient alors être disponibles.
Le support et les contributions des physiciens du SPhN au projet SPIRAL2 sont intensifs, tant du point de vue de la réflexion scientifique sur les atouts des futurs faisceaux que sur la préparation de la future détection. Les physiciens du SPhN ont été fortement impliqués dans les groupes de travail qui ont contribué à la rédaction du livre blanc "PHYSICS CASE" de SPIRAL2. Ce document présente les cas physiques et les réactions à mener avec les faisceaux de SPIRAL2.
Pour l'étude de la structure nucléaire des faisceaux radioactifs, les équipes du DAPNIA poursuivront sur SPIRAL2 trois axes de recherche avec les explorations de :
i) l'évolution des excitations et de la structure des noyaux très riches en neutrons, vers les drip-lines,
ii) les déformations extrêmes des noyaux,
iii) les conditions de formation de noyaux très lourds aux confins de la liaison nucléaire.
Le DAPNIA participe à la définition de plusieurs expériences destinées à être réalisées soit à l'extrémité de l'accélérateur primaire générateur d'ions stables (projet du spectromètre S3; programme avec les faisceaux de neutrons : NFS-Neutrons For Science) soit dans une des salles expérimentales existantes du GANIL, lorsque la production des nouveaux ions radioactifs sera effective (des expériences sont prévues avec le détecteur de photons AGATA, ou avec GASPARD, le projet de détecteur de particules légères chargées et de photons).
Dans la liste de présentations des futures expériences (Lettre d’intention : LOI) données devant le SAC, sur 19 LOI (+ 6 reliées au programme avec le détecteur AGATA), 12 impliquent fortement les groupes du SPhN, et parmi ces LOIs, 5 ont un co-porte-parole SPhN. Une LOI est consacrée au programme NFS qui implique aussi le SPhN.
Ces LOI nécessiteront la réalisation des nouveaux équipements et donc la constitution de collaborations. Le projet AGATA est déjà lancé mais S3 et GASPARD sont en discussion (conception, collaboration à organiser, R&D dans les différents laboratoires européens).
Les équipes du DAPNIA utiliseront leur expertise acquise avec les faisceaux de SPIRAL (expériences avec les détections MUST2, EXOGAM, VAMOS que le DAPNIA a contribué à développer) pour concevoir et développer les nouveaux détecteurs qui seront employés auprès de SPIRAL2.
Le DAPNIA apporte une contribution importante dans l'étude et la réalisation de l'accélérateur.
Il est responsable de :
Le Dapnia apporte aussi une expertise importante dans le domaine de la dynamique des faisceaux et devrait pouvoir apporter une expertise dans le domaine des études des déchets et de la radioprotection du projet global.
Contacts:Responsable scientifique : Nicolas ALAMANOS Coordinateur technique: Didier BÉDÉRÈDE |
maj : 16-03-2010 (794)
Production et manipulation des rayonnements
Les accélérateurs de particules La matière nucléaire
Institut de recherche sur les lois fondamentales de l'Univers
Le Laboratoire d'Expertises Nucléaires en Assainissement et Conception
Le service d'Ingénierie des Systèmes
Le Service de Physique Nucléaire
Le service des Accélérateurs, de Cryogénie et de Magnétisme
![]() |
20 juillet 2012
Une approche originale mêlant diagnostics détaillés et modélisation a permis de valider la conception et la réalisation de l'injecteur d'ions légers de Spiral2, à l'Irfu avant sa livraison au Ganil.
L’injecteur d’ions légers assemblé à Saclay a fourni jusqu’à 5 mA de protons et de deutérons, en mode continu ou pulsé, qui sont destinés à être injectés dans la cavité RFQ (Radio Frequency Quadrupole) de Spiral2, à Caen.
La construction de l’injecteur a été réalisée par étapes successives, étalées sur deux ans, de sorte que soient mesurées les caractéristiques du faisceau à différentes positions de la « ligne ». Ce travail s’est achevé fin juillet 2012 par des diagnostics ... Lire la suite » |
![]() |
15 février 2010
Le projet CHyMENE (Cible d'Hydrogène Mince pour l'Etude des Noyaux Exotiques) a le but ambitieux de produire une cible mince d'hydrogène pur sans conteneur adaptée aux expériences utilisant des faisceaux d'ions lourds de basse énergie prévus avec SPIRAL2.
Une équipe de l'Irfu (SPhN et SACM) et de l'Inac/SBT utilisant des techniques cryogéniques vient de produire avec succès un ruban d'hydrogène solide de 100 µm d'épaisseur. Cette cible sera bientôt testée sous faisceau. Une première mondiale.
Ci-dessous: interview de Alain GILLIBERT, qui travaille au projet ... Lire la suite » |
![]() |
10 décembre 2008
La partie haute énergie de l’accélérateur linéaire de SPIRAL2 (nouvel accélérateur pour 2012 du GANIL1) comprend deux familles de cavités supraconductrices. Le service des Accélérateurs, de Cryogénie et de Magnétisme de l’Irfu est en charge de la série de douze cryomodules2 du premier type qui sera installée juste en sortie de l’injecteur.
Le 8 décembre 2008, les tests en puissance du cryomodule de qualification ont été effectués avec succès : la cavité a atteint un gradient accélérateur de 10.3 MV/m ... Lire la suite » |
![]() | Moyens d'investigation
Les résultats expérimentaux sur les noyaux exotiques sont obtenus par différentes sondes (avec plusieurs types de réactions, en employant une grande variété de faisceaux et d'énergies et diverses techniques de détection) auprès des principaux centres de recherche sur les noyaux radioactifs : le GANIL, GSI en Allemagne, RIKEN au Japon et MSU aux Etats-Unis.
Les différentes mesures sont confrontées, interprétées et comparées aux modèles nucléaires ; c’est ainsi que les physiciens approfondissent leurs connaissances sur les ... Lire la suite » |
![]() | Partenaires français
Les organismes CEA/DSM et CNRS/IN2P3 décidèrent de lancer un avant-projet détaillé (APD) de 2 ans, qui démarra en novembre 2002 avec la contribution de 60 hommes.an par an répartis en 8 laboratoires.
Un accord de collaboration entre le CEA et le CNRS, ainsi qu’un accord entre le CEA, le CNRS et la région de Basse-Normandie furent signés en juillet et septembre 2003. Les laboratoires partenaires impliqués dans la construction sont :
* le GANIL * Au CEA-Saclay, le DSM/DAPNIA : SACM, SIS, SPhN, ... Lire la suite » |
![]() | Historique (2002-2007)
Principaux jalons (2008-2013)
Fin 2007 : planning de référence du projet.
Fin 2007 : appel aux propositions d’expériences complètes lancé par le SAC.
2007 programme de construction de l'accélérateur ; programme préliminaire pour la production de faisceaux radioactifs.
Fin 2007-08 : conception préliminaire des bâtiments d'accélération.
Fin 2007-2008 : R&D pour la conception des nouveaux systèmes de détection.
Etat de l'expérience:
Fin 08 : enregistrement du permis de construire – Documents de radioprotection ICPE ... Lire la suite » |
![]() | Principales données chiffrées de l'expérience Chiffres des collaborations
(voir COLLABORATION pour des informations détaillées)
Collaboration pour la construction
En France, pour la recherche et la construction, 2 organismes sont impliqués : le CEA et le CNRS, avec le GANIL (co-géré CEA-DSM et CNRS-IN2P3).
Les équipes sur le projet appartiennent à : 9 laboratoires du CNRS-IN2P3, 6 laboratoires (CEA/DSM ; CEA-DAM).
De plus, 3 équipes du CEA sont consultées pour des expertises du projet (CEA-DEN, DPSN, DSM-Saclay).
Au niveau mondial, plus de 12 laboratoires (une dizaine de pays concernés) ont noué une collaboration avec le GANIL en tant ... Lire la suite » |
![]() | Exploitation des futurs faisceaux de SPIRAL2 Panorama de la physique nucléaire et physique des noyaux exotiques
L’aspect structurel du noyau atomique est régi par l’interaction entre les nucléons, protons et neutrons, liés par l’interaction forte. Ce système quantique à plusieurs corps est souvent décrit par un champ moyen nucléaire bâti sur une interaction effective nucléon-nucléon. Cette interaction est devenue de plus en plus élaborée à mesure que les données précises de spectroscopie s’accumulaient. Jusqu’aux années 80, ces données provenaient principalement des noyaux stables ... Lire la suite » |
![]() | Documents relatifs aux objectifs de physique avec SPIRAL2 Le document “PHYSICS CASE” de SPIRAL2 est disponible sur le site du Ganil, à l’adresse : |
![]() | PROJET SPIRAL2- construction de la machine
Liens sur le site du GANIL:
Document APD :Document technique rassemblant les études au stade de l'avant-projet détaillé (APD).
Phase préparatoire du programme cadre européen FP7 pour SPIRAL2
Collaborations pour le développement des systèmes de détection
Final version of the Physics Case of SPIRAL 2 (pdf) (3,8Mb)
Journal du Projet Spiral2 : les bulletins du Ganil
Semaine SPIRAL2 2007 (Du 26 au 30 Novembre)
Documents sur le site du DAPNIA
FicheSPIRAL2.doc
Les documents externes du projet
Le plan de Management de la future ... Lire la suite » |
![]() | PRESENTATION DU PROJET
La partie haute énergie de l’accélérateur linéaire de SPIRAL 2 comprend deux familles de cavités supraconductrices à 88 MHz, de type quart d’onde et fonctionnant à 4 K (température de l’hélium liquide bouillant à pression atmosphérique). Chacune des géométries est optimisée pour accélérer des ions dont le rapport de la vitesse à celle de la lumière vaut respectivement b=v/c=0.07 et 0.12.
Cette distribution permet d'adapter l'efficacité de l'accélération des cavités à la vitesse ... Lire la suite » |
![]() |
Présentation
L'injecteur de l'accélérateur primaire de SPIRAL2 doit délivrer à la section supraconductrice de celui-ci:d'une part des faisceaux de 5 mA de deutons et de protons, et d'autre part des faisceaux de 1mA d'ions de rapport q/A=1/3. Pour cela , il est constitué de 2 sources ECR,dédiées l'une aux protons et deutons et l'autre aux ions lourds, de leurs lignes basse énergie respectives, puis consécutivement d'une ligne basse énergie commune, d'un RFQ et d'une ligne de transport moyenne énergie.
Le projet injecteur fait suite à un APD général SPIRAL2 ... Lire la suite » |