A une plus grande échelle, ISOCAM permet d'observer la
formation stellaire à l'oeuvre dans les galaxies voisines de la
nôtre. II a pu ainsi être établi une forte
connexion entre l'émission à 15 microns des galaxies et
leur activité de formation stellaire.
La caméra a pointé son objectif sur MESSIER 83,
éloignée de plusieurs millions
d'années-lumière de la Terre. Cette galaxie a une
particularité : sa forme en spirale avec deux bras
articulés autour d'un noyau central, très lumineux.
ISOCAM a permis de repérer, avec plus de précision, la
source de ces émissions. Elles sont toutes situées dans
les bras de la galaxie, les taches lumineuses signalant des zones de
formation intense d'étoiles (Figure 2). Le même
phénomène avait déjà été
observé précédemment dans Messier 51 (galaxie des
chiens de chasse). Cette relation établie entre
émission IR à 15 microns et formation d'étoiles
apparaît encore plus évidente lorsqu'on observe des
galaxies a "flambée de formation stellaire" comme les galaxies
en interaction.
Dès sa phase de vérification des performances
instrumentales, ISOCAM avait
cartographié en détail le système dit
"des Antennes" : une paire de galaxies spirales sur le point de fusionner.
Ce nom (Antennes) vient du fait qu'une partie du contenu stellaire et
gazeux des galaxies spirales a été projetée par
effet de marée dans l'espace intergalactique en deux fins
pinceaux qui semblent émaner de l'obiet. II est surprenant
d'observer qu'à 15 microns, une région se distingue par
sa brillance (Figure 3a) et que cette région n'est pas l'un des
deux noyaux des galaxies spirales, alors que l'on pourrait s'attendre
à ce que l'interaction fasse
"plonger" du gaz vers les noyaux.
Observées en spectre-imagerie avec ISOCAM, les "Antennes" ont
révélé que cette région brillante
correspondait au site de flambée stellaire le plus intense du
système. Cet excès de brillance est visible sur la
carte composite d'ISOCAM, codée en 2 couleurs (Figure 3b).
Par ailleurs, grâce au spectre transmis par ISOCAM, ce sursaut
de formation stellaire a pu être daté : il est
âgé de 25 à 35 millions d'années et les
étoiles qui le composent ont une température voisine de
40 000 K.
Toutefois, une question subsiste : les régions de
formation stellaire intense sont-elles seules a chauffer la
poussière détectée ou des étoiles plus
anciennes, situées dans le disque, y contribuent-elles ?