24 avril 2017
L’aimant du projet Iseult prêt à prendre son envol

Ce mardi 18 avril 2017, les équipes de l’aimant du projet Iseult du CEA et de GE se sont réunies à Belfort pour fêter l’aboutissement de leur travail commun. Après six années de construction jalonnées de sueurs froides et de moments de fierté, ce bijou de technologie pesant près de 130 tonnes est soumis à d’ultimes tests avant de débuter son grand voyage vers Neurospin. Une fois installé à Saclay de nombreuses et délicates opérations l'attendent encore:  il faudra l’équiper pour qu’il devienne un aimant de scanner IRM, le brancher à son système cryogénique et l’amener doucement au champ  magnétique record de 11,7 teslas, unique aujourd'hui pour un aimant de cette taille. Fingers crossed car d'ici un an environ, ce projet unique au monde permettra d’obtenir des images du cerveau humain avec une précision jamais atteinte.

 

 "C'est une grande joie de fêter avec les équipes la fin de la construction de cet aimant , une prouesse en soi, avant la prochaine étape à Saclay: la montée en champ! Félicitations à tous pour cette belle réalisation !" témoigne Anne-Isabelle Etienvre, directrice de l'Irfu.

"Vous avez tous réalisé un travail remarquable dont j'ai mesuré toute l'ampleur au cours de cette cérémonie. On m'a beaucoup parlé de cet aimant depuis mon arrivée au CEA il y a 4 ans, le voir en vrai c'est autre chose ! Les équipes de NeuroSpin et de l'institut Frédéric Joliot attendent maintenant avec impatience (et beaucoup d'espoirs) ce magnifique aimant à NeuroSpin, sur lequel nous allons continuer à collaborer avant de pouvoir faire les premières images ...." Alix De La Coste, directrice adjointe de la DRF.

 

 

Extraits de témoignages de deux des chefs de projet:

Marc Nusbaum       Thierry Schild

" C'est écrit dans la spec!" était le message le plus régulier que je recevais de Pierre et Thierry, je peux dire qu’après 6 ans de construction, j'ai découvert qu'il a fallu inventer beaucoup hors de la spécification pour la construction pendant ces années.

     

 

 

 

        Notre spec est un beau document de 127 pages avec des lignes plus importantes que d’autres…
Les premières sueurs froides ont eu lieu après l'imprégnation de la première bobine de blindage où nous avons frôlé de peu la correctionnelle,heureusement  que les équipes du CEA, de GE ont particulièrement bien collaboré sur ce sujet.        
        Mes dernières sueurs froides ont été les essais de rigidité diélectrique sous hélium. Toute l’équipe CEA s’est mobilisée pour comprendre les phénomènes. Un grand soulagement lorsque nous avons pu reproduire ces derniers sur un banc de test à Saclay.
De temps en temps après les recommandations, les exposés, les retours d'expérience du CEA sur les risques ou précautions à prendre, je me disais qu'il valait mieux ne pas avoir été conscient de tout ça au départ sinon je me serais surement endormi encore plus difficilement.        
        La nuit, on vit souvent des grands moments de solitude où l’on se réveille à 2h du mat avec une idée fixe en tête, comme tout dernièrement lorsque l’on a cru trouvé une fuite sur le circuit hélium et que l’on se repasse en tête les centaines de soudures et contrôles faites sur l’aimant.
J'étais toujours tendu lors des opérations de manutention spectaculaires. Mais quel soulagement et sentiment de satisfaction partagés en groupe avec le CEA  lors de l'insertion de la structure au-dessus de la bobine principale.        
       

J'étais hyper tendu pendant les opérations de manutention et rassuré par la confiance de Marc et des opérateurs !

Que de moments de joie lorsque ces opérations suivies ensemble, et avec les mains de tous, étaient finies.

Combien de fois des membres de l'équipe de l'Irfu se sont levés à 5H du matin et revenir tard chez eux pour venir et régler avec nous toutes les difficultés ? C'était pratiquement toutes les semaines, on peut dire que leur métier les passionne et qu'ils nous ont bien communiqué la chose.        
        Effectivement, pratiquement chaque semaine de 2010 à aujourd’hui, un joyeux agent  de l'Irfu s’est levé à 5h du matin pour un retour vers 22h (en fonction des aléas, n’est-ce pas Lionel !). Les journées étaient toujours bien remplies. Souvent, on arrivait pour un problème et repartait avec un nouveau. Heureusement, que ce soit côté GE ou Irfu, il y a avait toujours plein de solutions !
Bref c'est un projet  extraordinaire techniquement mais je crois bien, pour ce qui me concerne en tout cas, avant tout une aventure humaine extraordinaire.        
        Aventure humaine qui continue pour l’Irfu avec le transport et surtout le chargement de l’aimant. Encore de bien belles péripéties à raconter au prochain épisode

 

 

 

 

Chefs de projets CEA et GE devant leurs équipes, de gauche à droite ….Lionel Quettier (CEA), Thierry Schild (CEA),

Gérard Billotte (GE), Pierre Védrine (CEA), Marc Nusbaum (GE) ©CEA/Irfu

 

 

 

 

 

 

 

Maj : 02/05/2017 (4021)

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