01 octobre 2019
Détection d’un sursaut gamma de très haute énergie par le télescope au sol H.E.S.S.
Détection d’un sursaut gamma de très haute énergie par le télescope au sol  H.E.S.S.

Photo de l'observatoire H.E.S.S. (crédit Matthias Lorentz) combinée avec une vue artistique/simulation d'un sursaut gamma (crédit NASA)

L'observatoire H.E.S.S. situé en Namibie, a annoncé dans un télégramme astronomique la détection d'une émission gamma à très haute énergie associée à la phase rémanente du sursaut gamma GRB190829A. Les sursauts gamma, - appelés gamma-ray burst (GRB) en anglais - sont l'un des rares types d’objets pouvant potentiellement accélérer des particules jusqu'à des énergies extrêmes (1019 électronvolts), et pourraient apporter une réponse au mystère des rayons cosmiques d'ultra haute énergie.

L'observatoire H.E.S.S. avait déjà annoncé en mai 2019 la détection d'un sursaut gamma GRB180720B, ce qui fait de l’événement actuel, GRB190829A, le troisième GRB observé depuis le sol.

Après l'alerte donné par les satellites X (Swift et Fermi), les télescopes de H.E.S.S. se sont tournés vers la région du ciel dès que celle-ci est devenue visible sur le site de H.E.S.S. en Namibie. Dans ces observations, H.E.S.S. a détecté des rayons gamma de très haute énergie 4 heures après l'alerte.

L'analyse des caractéristiques de cet événement, actuellement en cours, est menée par des équipes de la collaboration H.E.S.S. coordonnée par un physicien du département de physique des particules de l'Irfu. Les propriétés de cet événement, combinées aux données issues d'une campagne d'observations en cours dans toutes les longueurs d’onde, permettront de comprendre le scénario astrophysique qui a généré ce phénomène violent. Les résultats permettront de contraindre les modèles d'accélération de particules et d'émission, et ainsi d'apporter un éclairage nouveau sur ces objets extrêmes.

 

Découvertes par hasard dans les années 1960, ces bouffées cosmiques de rayonnement gamma apparaissent de manière apparemment aléatoire dans le ciel au rythme d'environ une par jour, et durent de quelques secondes à quelques minutes. Elles sont suivies d'une phase rémanente à plus basse énergie, décroissant progressivement pendant une durée qui peut aller jusqu'à quelques mois. Certains sursauts semblent associés à la fusion d'étoiles à neutrons, théorie grandement confortée le 17 août 2017 par l'observation d'ondes gravitationnelles simultanées à une détection de sursaut gamma.

 
Illustration d'un sursaut gamma  qui serait émis à la suite de la mort d'une étoile formant un trou noir (à gauche) qui émet un jet de particules dans l'espace. La lumière dans tout le spectre provient du gaz chaud près du trou noir, des collisions à l'intérieur du jet et de l'interaction du jet avec son environnement. Crédit : NASA

 

 

Maj : 04/10/2019 (4665)

 

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