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Institut de Recherche sur les Lois Fondamentales de l'Univers

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« Expériences

 

Antares, un télescope à neutrinos de haute énergie 
Observer le ciel à 2500 mètres sous la mer

 Présentation

L'essentiel de notre connaissance de l'Univers provient de son observation à l'aide de la lumière, les photons.
Les photons bénéficient de nombreux avantages comparés aux rayons cosmiques qui bombardent en permanence notre atmosphère : ils sont produits abondamment par de nombreux phénomènes, ils sont neutres et voyagent longtemps donc permettent de voir loin. Ils sont relativement faciles à détecter sur un grand domaine de longueur d'onde (c'est-à-dire d'énergie). Ils transportent des informations détaillées sur la façon dont ils ont été produits et permettent d'appréhender le fonctionnement des objets célestes.

Mais les photons s'échappent difficilement des régions denses et chaudes des étoiles, des noyaux actifs de galaxie et autres sources très énergétiques qui peuplent l'Univers. Ces régions ne peuvent donc être étudiées directement. Leurs propriétés ne peuvent être déduites que de façon indirecte. Par exemple, les photons qui nous proviennent du Soleil sont émis depuis les couches les plus externes, la photosphère, bien loin du cœur où se produisent les réactions de fusion de l'hydrogène en hélium.

En outre, les photons interagissent avec les autres photons qui baignent l'ensemble de l'Univers (fond cosmologique à 3K ou fond infrarouge). L'observation de l'Univers en photon à haute énergie (au-delà de 10 TeV, c'est-à-dire, 10000 milliards d'électron-volts) se limite aux distances inférieures à 100 Mpc (300 millions d'années lumières. La galaxie a une taille d'environ 100 000 années lumières, et l'Univers 12 à 15 milliards d'années lumières).

Pour observer l'intimité des objets astrophysiques lointains et obtenir une description de l'Univers sur de grandes distances, il faut utiliser un messager électriquement neutre (sa trajectoire n'est alors pas déviée par les champs magnétiques), stable (il ne se désintègre pas en cours de route) et qui interagisse faiblement (il peut sortir des régions denses et atteindre les détecteurs terrestres malgré les fonds diffus de photons).

Le seul candidat remplissant toutes ces conditions à la fois est le neutrino. L'observation de neutrinos de haute énergie offre un nouveau regard sur l'Univers.
Mais détecter ces neutrinos est un nouveau défi à relever, car leur faible interaction avec la matière, leur principal avantage, les rend extrêmement difficiles à observer. C'est de ce défi qu'est née l'expérience Antarès, dont le détecteur doit être à la fois extrêmement puissant afin de capter un nombre maximal de neutrinos et immergé afin d'atténuer le flux des gerbes atmosphériques.

Site officiel

 

Thèmes/programmes

 Structure et évolution des astres/sources de rayons cosmiques et matière noire
Innovation pour les systèmes de détection / Développements de détecteurs
Innovation pour les systèmes de détection / Traitement du signal et systèmes « temps réel »

 

 

Reconstruction d'un muon descendant (printemps 2007, 5 lignes en opération). Ce muon a été produit par l'interaction du rayonnement cosmique dans l'atmopshère au-dessus du détecteur. Sa trajectoire est reconstituée à partir des signaux recueillis sur les photodétecteurs.

Objectifs

 Le but est de détecter des neutrinos de haute énergie par l’intermédiaire de la lumière Tcherenkov produite par les muons issus de l’interaction des neutrinos avec le milieu environnant. 
1. Astronomie neutrino
2. Recherche de matière sombre par la détection indirecte
 

L'observation de neutrinos de haute énergie offre un nouveau regard sur l'Univers. Le but premier de l'expérience est d'utiliser les neutrinos pour étudier les mécanismes accélérant les particules subatomiques dans les objets les plus énergétiques de l'Univers : noyaux actifs de galaxie, sursauts gamma, microquasars... Ces objets pourraient produire le rayonnement cosmique qui bombarde en permanence l'atmosphère terrestre et dont l'origine est encore inconnue. En outre, dans certains scénarios, les WIMPS, particules candidates pour expliquer la présence de la matière noire, s'accumuleraient au centre d'objets massifs, comme la Terre et le Soleil, et produiraient des neuutrinos en s'annihilant. Ces neutrinos pourraient être détectés par Antarès.

Contexte

Complémentarité avec le projet Amanda, et son successeur Icecube (USA). Ces projets observent le ciel en neutrinos à partir du pôle Sud, offrant ainsi une vue complémentaire à celle obtenue avec Antares.   

Localisation

42°50'N, 6°10'E , à 40 km au large de La Seyne-sur-Mer (près de Toulon, France)

 Contribution du Dapnia

-les contributions

Le groupe du Dapnia est composé de physiciens, techniciens et ingénieurs, majoritairement impliqués dans les sujets suivants:

  • Management et planning
  • Mécanique  
  • Une grande partie de l'électronique immergée:
    • ASIC ARS
    • cartes processeur (DAQ), de conversion électro-optique (Bidicon) et concentrateur Ethernet
  • Acquisition de données off-shore
  • Production et tests des modules
  • Exploration et évaluation du site
  • Intégration et assemblage du détecteur
  • Développement de logiciels: organisation générale et reconstruction d'événements physiques
  • Etudes de physique
  • Web-communication grand public

 

Contact Thierry STOLARCZYK

 

 

maj : 21-09-2012 (368)

 

Des milliers de neutrinos dans Antares
19 septembre 2011
 Antares(1) , télescope sous-marin immergé à 2500 mètres dans les abysses méditerranéens, scrute le ciel au travers de la Terre en détectant des neutrinos. Aujourd’hui plusieurs milliers d’entre eux ont été observés, permettant au télescope d’enquêter, comme jamais auparavant, sur la présence de sources de neutrinos de haute énergie dans la Voie lactée. L’expérience participe ... Lire la suite »
Antares : premières vues du ciel
17 avril 2009
Voilà maintenant plus de deux ans qu'Antares 1, télescope sous-marin immergé à 2500 mètres dans les abysses méditerranéens, scrute le ciel au travers de la Terre en détectant des neutrinos. Aujourd'hui plus d'un millier d'entre eux ont déjà été observés, permettant de dresser les premières vues du ciel et d'y rechercher des neutrinos cosmiques très énergétiques, témoins des ... Lire la suite »
Douze lignes pour Antares
09 juin 2008
Á la recherche des neutrinos cosmiques
Dans la nuit du 30 mai 2008, les deux dernières lignes d’Antares ont été connectées et mises sous tension à 2500 m au fond de la Méditerranée, portant à douze le nombre de lignes de détection et marquant ainsi la fin de la construction du plus grand télescope sous-marin à neutrinos jamais réalisé. Immergées quelques semaines plus tôt, ces lignes rejoignent celles qui, depuis 2006, permettent de traquer les ... Lire la suite »
Le télescope Antares ouvre les yeux vers le ciel
14 avril 2006
Communiqué commun CEA/Dapnia - CNRS/IN2P3 - Ifremer du 27 mars 2006
La première ligne de détection du télescope à neutrinos Antares, immergée à 2 500 mètres de profondeur, a été reliée par le robot téléopéré Victor 6000 de l’Ifremer à la station à terre de La Seyne-sur-Mer (Var), le jeudi 2 mars à 12 h 11. Quelques heures plus tard, Antares ouvrait pour la première fois ses yeux vers le ciel et détectait ses premiers muons*. Cette liaison marque la ... Lire la suite »
Moyens expérimentaux
Moyens d'investigation Le détecteur Antarès a pour but d'exploiter un immense réseau  photomultiplicateurs, installé à 2500m au fond de la Méditerranée pour atténuer le flux des gerbes atmosphériques. De plus, les photomultiplicateurs sont orientés vers le bas  pour ne considérer que les muons montants qui constituent la signature certaine des interactions de neutrinos provenant des antipodes, car seules ces particules sont capables ... Lire la suite »
Collaboration

Collaborations:

 Le projet ANTARES est une collaboration entre des laboratoires de physique des particules, des scientifiques du milieu marin, des astronomes et des astrophysiciens.

Collaboration française


CEA/DSM-DAPNIA
CNRS/IN2P3 and CNRS/INSU
IFREMER

Collaboration internationale:

 Site d'Antarès 

 

Chiffres
Collaborations (voir onglet "collaborations"): Nombreux laboratoires dont Espagne: 2 instituts France: 10 instituts Italie: 7 instituts Pays-bas: 2 instituts Russie: 1 institut    Situation de l'installation Profondeur 2475 mètres Surface de l'installation: 0.05 km2 pression à laquelle doivent résister les modules optiques: 250 bars    Disposition des modules optiques: 900 photomultiplicateurs répartis sur 12 lignes de ... Lire la suite »
Vie de l'expérience
   Historique et principaux jalons   -1996: Création d'Antarès -1996-2000:exploration de sites -1999: Immersion d'un premier prototype  -Décembre 01: Technical Design Report - fin 2002 Le câble et la boite de jonction sont en place : - mi 2003 Problème étanchéité et câble (pincement) 2 lignes test : - 12/2005  Fin de production modules Optiques et du circuit de numérisation ARS - 03/2006: 1ère ligne ... Lire la suite »

Voir aussi

Les asics
Application-Specific Integrated CircuitS
Si les chaînes de traitement de données sont devenues majoritairement numériques, les circuits frontaux, convertissant les signaux des détecteurs en grandeurs électriques, restent analogiques. Lorsque le nombre de voies est faible, les progrès réalisés sur les circuits commerciaux permettent un traitement toujours plus rapide et plus performant des informations. La segmentation de plus en plus fine des détecteurs conduit à un nombre croissant de ... Lire la suite »
Les FPGA pour l'acquisition et le traitement temps réel
Field Programmable Gate Arrays
Les étapes qui suivent le traitement analogique des signaux des détecteurs sont le plus souvent confiées à des systèmes numériques. La réalisation des fonctions logiques de base, des tâches de traitement et de transport de données repose aujourd’hui très largement sur l’utilisation de circuits logiques programmables in-situ, les FPGA (Field Programmable Gate Arrays). L’exploitation de ces composants commerciaux couvre deux domaines ... Lire la suite »